Decroly

Les questions concernant l’éducation se posent à lui à partir de ses travaux sur les enfants atteints de maladies mentales. Les bases scientifiques et intellectuelles de la démarche pédagogique de Decroly font que la théorie et la pratique se mêlent intimement : la théorie n’a de sens que si la pratique la confirme. Les thèmes notables qu’il puise de son expérience sont :

– l’importance de la vie en plein air et de la gymnastique. Le milieu naturel et la santé physique conditionnent l’évolution intellectuelle :  » il n’est pas possible d’imaginer un être vivant dont l’être biologique n’influe point sur l’être mental  » ;
– l’organisation de l’enseignement en quatre « centres d’intérêt » : se nourrir, lutter contre les intempéries, se défendre contre les dangers, travailler et se récréer socialement. Chaque centre d’intérêt est travaillé toute une année scolaire par toute l’école. ;
– l’usage de fiches documentaires remplace les manuels traditionnels. Chaque écolier enrichit ses fiches tout au long de sa scolarité ;
– chaque classe est vue comme un microcosme démocratique où -comme dans la vie normale- les choses se font et se défont : Les erreurs ou fautes doivent être naturellement réparées ;
– L’intérêt pour la mesure de l’intelligence ( travaux de Binet) et la psychométrie.

Decroly pose comme principe que l’éducation doit se faire à partir des intérêts de l’enfant. Il affirme que le développement de l’enfant est le résultat de sa croissance biologique et de son expérimentation active dans le milieu où il se trouve : « L’école devra se trouver partout où est la nature, partout où est la vie, partout où est le travail. » [réf. nécessaire]

Sa pédagogie repose sur quatre fondements[5] :

  1. Les centres d’intérêts de l’enfant comme guide de l’éducation.
  2. La globalisation c’est-à-dire que l’enfant apprend globalement, sans ordre. C’est une idée complète qu’il faut donner à l’enfant, pour qu’il passe ensuite au particularisme et à l’analyse.
  3. La classe d’atelier ou classe laboratoire dans laquelle l’enfant vit et agit. La « classe » à proprement parler est partout ; il préconise l’éclatement des lieux d’apprentissage : la cuisine, les magasins, la rue…
  4. L’importance de l’environnement naturel qui met l’enfant dans une situation de découverte.

La pédagogie de Decroly préconise « l’initiative et la responsabilité personnelle et collective ; le respect de la personne dans la singularité, la solidarité, la valorisation des rapports sociaux, la tolérance, le respect de la différence, la priorité donnée à l’épanouissement personnel, à la créativité et au plaisir. »

Cette pédagogie donne une vision inconditionnellement positive de l’enfant. Elle invite les enfants à l’observation dans la vie concrète que ce soit pour les éléments de connaissance (par exemple le calcul) mais aussi des éléments de société et favorise l’émergence de projet à mixité sociale comme les ateliers CEMEA (Centres d’entraînement aux méthodes actives) dans lesquels les enfants de l’école Decroly participent avec des enfants socio-économiquement défavorisés en commun à des ateliers créatifs.

Selon Sylvain Wagnon, l’action pédagogique d’Ovide Decroly est à regarder dans un projet social et politique. Son observation des mutations industrielles de la société, des liens entre économie et les inégalités sociales, l’amènent à militer contre les exclusions, les rejetés. Pour lui, l’école ne remplit pas son rôle en maintenant la majorité des enfants dans l’incapacité de s’adapter aux changements rapides de la société et en les laissant pour compte.

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